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Mindelo, petite ville tellement désuète et calme. Les maisons de style baroque ont des couleurs d'aquarelles. Des grandes places, deux marchés, où les femmes
viennent vendre leurs récoltes, en fumant de longues pipes en terre. Dans toute la ville, on s'imagine entendre la voix ensorceleuse de Césaria Evora. Mornas nostalgiques, coladeras follement rythmées. Les
Capverdiens sont fous de musique. Avec elle, ils oublient peut-être un peu de leur misère, sur leurs îles saupoudrées de sel de mer, de la poussière de sable du grand désert d'Afrique, portée par le vent
toujours présent.
A Mindelo, nous avons mangé le plat national, ''la cachupa'', nous avons écouté de la musique au Morna Jazz. Nous avons vu des villages de pêcheurs aux cases ocre
comme la terre. Dans le centre de l'île, un long ruban de verdure s'étire dans la plaine. Des minuscules champs, entourés de pierres, renferment les trésors de la terre: blé, légumes...
Un canal large d'environ cinq milles sépare l'île de sa soeur Santo Antao. Celle-ci se découpe entre ciel et eau, comme une dentelle de pierres. Les îles
s'estompent dans la brume. Des dauphins nous accompagnent. Je me retourne souvent, je me retourne encore. Elles sont nos dernières terres, avant que n'apparaissent, là -bas, à l'autre bout de l'océan, d'autres
îles.
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