De Grenade au Venezuela

Nous quittons la jolie petite île de Grenade. Cette semaine, nous sommes restés mouillés dans le ''lagon''. Ne vous méprenez pas sur ce terme, il est complètement inapproprié, simplement, je l' appellerai marigot ou mangrove !! Nous avions tout un tas de choses à faire à Saint-Georges, la petite capitale de 10 000 habitants, notamment, attendre nos passeports, que nous aurons au dernier moment, et seulement valables pour 6 mois.

 Saint-Georges est vraiment une petite ville très active. Elle est colorée, et lorsque l' on arrive de la mer, on dirait une ville italienne avec des maisons serrées les unes contre les autres, palette de couleurs pastel, autour du port. Celui-ci est toujours en effervescence: paquebots de croisière, grands voiliers, petits cargos, bateaux pays. L' île sent les épices, c' est un délice, surtout à proximité du marché. Le marché qui déborde de fruits, d' épices et d' un tas de petites choses. La place aux taxis est toujours pleine de monde. On s' interpelle, s' appelle, musique, rires.

Nous sommes allés chercher nos passeports chez le Consul de France, Maryse Taylor. Petite maison complètement adorable, du moins à l' intérieur, perchée sur un piton rocheux, à la pointe Saline, avec une vue sublime sur deux ou trois baies, jusqu' à Saint-Georges. Important, il y a la petite chienne adorable Noisette, genre ''gros'' teckel, qui a tout de même gagné 1e deuxième prix de saut d' obstacles. Avec sa longueur de pattes, on se demande comment elle a pu faire...

Ce matin nous sommes sortis du lagon pour aller mouiller à l' extérieur. Nous avions reculé un peu et l' ancre était crochée dans un vieux capot de moteur hors- bord! Comme il y avait des grains de vent et de pluie, et que nous devions quitter le bord, nous avons préféré aller dans la baie. Lorsqu' il n' y a pas de houle de nord, le mouillage est parfait: propre, vaste, aéré. Plusieurs voiliers, cargos, bateaux de croisière sont là, mais ce n' est pas gênant. Dans quelques jours, c' est Noël. On sent une certaine effervescence, surtout que la musique de '' Ginger Bell'' est omni présente dans les rues. Arbres de Noël un peu incongrus, mais ça reste loin de la folie de la France à la veille des fêtes !!!

Il est 16 heures, et nous levons l' ancre pour diriger notre étrave vers Margarita. Les nouvelles que nous avons du Venezuela ne sont pas très bonnes, le pays étant dans une phase grave de crise économique et sociale, qui ne fait qu'empirer, mais nous verrons bien sur place. Le temps s'est remis au beau, par rapport à ce matin. Nous quittons l' île, cap au sud- ouest, toutes voiles dehors, nacrées au soleil couchant. Ca y est, nous retrouvons la mer, le large, les habitudes, les gestes, l' attention et la vigilance de la mer.

Le vent oscille entre 10 et l 5 noeuds, ce qui est peu. Nous sommes au grand largue, le courant nous offre 1 noeuds et demi de plus en vitesse. Pour tout vous dire, c' est ce que l' on appelle une navigation de rêve. La nuit va se dérouler tranquille, au fil du vent, de la mer, du temps.

La lune est presque pleine, blanche et dodue. Elle va nous tenir compagnie toute la nuit.

L' Archipel des Testigos apparaît vers 6 heures. Trois petites îles au milieu de 1'océan.

Nous ne nous arrêtons pas, et filons direct sur Margarita. Le temps est brumeux et beau, peu ou pas de pêcheurs.

Los Testigos

Puis, Margarita en vue, quelques heures plus tard. C' est fou comme les buildings poussent bien sur certaines îles... En fait, il ne faut pas beaucoup de pluie pour qu'ils deviennent grands, c'est plus dur de faire pousser des tomates...

Margarita, en résumé, c'est poussière, rochers écorchés de béton.

Margarita, c' est 1e Venezuela en crise. Des gens très pauvres, de tous petits enfants qui mendient dans la rue, ou au mieux, qui vendent des broutilles. Les télévisions, les radios diffusent des discours, des analyses politiques. Le pays souffre encore et encore.

Isla Blanquilla

Margarita, Porlamar

Après avoir fait les pleins d' eau, de gasoil, de nourriture, nous voici partis vers des horizons très bleus et désertiques.

Et ces horizons très bleus, désertiques et sauvages, je vous les livre comme ça, tout en vrac.

Le silence réparateur, où l' on se retrouve avec les poissons, les beaux oiseaux de mer, les coquillages. Une nature qui donne envie d' être heureux.. D' abord l' île de Blanquilla, à environ 60 milles nautiques de Margarita. Blanquilla se laisse voir au dernier moment. Peut- être est- elle un peu timide, et sûrement sauvage. Sa hauteur? Dix huit mètres au dessus de la mer.

C' est une île très étrange et belle. Ici, flâner au bord de l' eau a quelque chose de passionnant, tellement on y trouve un tas de trésors, de coquillages, de bouts de corail, de cailloux. Le sable est bien sur d' une blancheur éclatante et très fin. De gros lézards se faufilent sous les rochers. De beaux oiseaux colorés me regardent. Je m' approche près, de plus en plus près. Rien ne bouge. Le silence, le soleil qui tape fort sur cette blancheur et sur tout ce bleu. Comme végétation, ce ne sont qu' épineux, cactus et arbustes qui arrivent à pousser entre les pierres. Il se trouve également, quelque part sur 1' île, un trou d' eau- marigot. L' eau est saumâtre et rose de sel. Outre les oiseaux et les lézards, il y des ânes sauvages. La nuit, sous le grand ciel d' étoiles, on peut entendre leur cri. C' est très surprenant.

Sous l' eau claire, transparente et bleue, c' est un festival de poissons de toutes les couleurs, de grandes gorgones violettes, des coraux. Quelques jours plus tard, sous le ciel bleu sans interruption de nuages, les voiles de 1' Éléphant frémissent dans le vent du matin. Nous continuons la route vers d' autres paradis bleus.

Isla Tortuga

lls se nomment Tortugas, Tortuguillas, Palanquinos. A chaque fois c' est d' une beauté extravagante. Des île désertes encore, avec simplement quelques camps de pêche.

Ce sont de maniaques plages vierges. La mer vient s' y reposer doucement. Les couleurs sont de multiples dégradés de bleus et de verts. Les lagons enfermés dans le sable et les palétuviers, silence sauvage sur ces si petites îles et ce grand océan.

Le pélican solitaire viendra nous accueillir, somptueux dans le ciel et sur l' eau, maladroit sur le sable. Je 1'appellerai Jonathan le Pélican, évidemment. Il nous suivra lorsque nous irons à la pêche, gourmand de nos prises.

Pour revenir sur Margarita, nous faisons escale sur l' île de Cubagua habitée par quelques familles de pêcheurs. La couleur de la terre et de la roche est rouge, rousse. Elle se détache sur le bleu indigo de la mer. C' est étonnant.

Les îles, morceaux de terre, doucement, là au fil de l' eau, à portée d'émotion et de bonheur.

Isla Cubagua

Une nuit, les étoiles... Aux îles du Cap Vert A Trinidad, une rencontre... Miami-Martinique,ou 1700 miles au près! Martinique, une longue escale Silhouettes d’îles Iles du Nord

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