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Fort lauderdale
..Du près, vous dis-je, rien que du près... ...Des nuages noirs, gris, violets tout autour de nous, échantillon de couleurs excentriques. Juste un trou de ciel blanc au dessus des
mats d'Éléphant Vert et de nos têtes. Le calme est trop calme pour être honnête. Cela fait trois jours que nous avons quitté Fort Lauderdale, au sud de la Floride, pour rentrer sur la Martinique. Nous avons quitté
ce petit bout d' Amérique en nous promettant d'y revenir pour en découvrir un plus grand morceau! Nous laissons derrière nous les waters ways, les nombreux ponts à passer, les villas de milliardaires, les
gratte-ciel qui portent si bien leur nom. Nous laissons le fameux Gulf Stream, qui fut très gentil avec nous. Nous traversons le canal des Bahamas, le Providence Chanel, qui nous offre une mer calme, un vent léger,
mais beaucoup de cargos !
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... Un dimanche en novembre, un jour comme un autre. Un peu de brise, de la belle voile. L'air est clair, un cargo croise notre route. La météo annonce un front froid dans les heures
qui viennent. La journée se passe, comme toutes les journées de navigation au grand large: lecture, écriture, petit bricolage, point GPS toutes les deux heures, et l'océan tout autour, rien que pour nous, que l'on
regarde, toujours fascinés. Le soir arrive, moins brusquement que dans les Caraïbes. A la radio nous n' arrivons pas à prendre un bulletin météo correct, car la propagation est mauvaise. Le vent monte un peu, et
nous prenons un ris dans la grand-voile. Les nuages envahissent complètement le ciel. Ils sont assez impressionnants, de par leur forme, leur taille. Tout s' assombrit. La mer devient grise, les vagues se forment.
Puis tout va très vite. En une heure, le vent monte à 40 nœuds. Nous affalons la grand-voile en ne gardant que l'artimon à un ris et le génois un peu roulé. La mer se creuse, le vent souffle en rafales. Ça dure...
je trouve assez longtemps. Le prés par 40 nœuds, c' est fatiguant. Ça demande toute notre attention, et notre concentration à la barre. Mais notre bateau est bien équilibré. Il passe bien dans la vague. Le calme
reviendra pendant 20 minutes, puis le mauvais temps repartira de plus belle. Ce premier coup de vent durera 9 heures. Il y a du beau dans tout ce déchaînement. On sent une telle force du vent de la mer. Bien
sûr on se sent tout petit, on a envie que ça s'arrête, et puis, quelque part on est content d' être là.
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